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Une fois connus le genre, les personnages et l'intrigue, la question
peut enfin se poser : comment structurer cette histoire. La réflexion se porte alors sur un découpage, à la façon
d'une composition de musique, envisageant le mouvement
général, pour aboutir à un plan par
séquences (chapitres), chaque séquence pouvant elle aussi
faire l'objet d'un découpage. C'est le moment où l'on
aborde les questions du point de vue du (ou des) narrateur(s) et du (ou des) temps de la
narration.
À ce stade, on n'a pas encore écrit à proprement parler, mais on
a réuni une matière. On a pu au passage engranger des
mots, des expressions, des bribes de dialogues, à la manière de
pense-bêtes qu'on pourra utiliser. C'est une phase décisive, qu'il convient de ne pas négliger. Une fois ce
travail de préparation effectué collectivement, en grande partie dans l'oral, l'écriture peut commencer.
3. L'écriture proprement dite :
Écriture individuelle ou collective ? Il s'agit de mettre en œuvre
les deux, étant entendu que les textes produits individuellement
serviront le groupe, puisqu'il s'agit d'aboutir à un texte
unique.
Des groupes de 3 ou 4 élèves peuvent prendre en charge les
séquences d'un chapitre. Au sein de ces groupes, l'écriture bien que concertée reste individuelle.
Les séances se déroulent en quatre temps : la première où l'on discute de ce que l'on va écrire, la deuxième où l'on écrit avec le soutien des adultes si on le souhaite ; le troisième temps, après la pause, est celui où chacun lit aux autres ce qu'il a écrit pour le confronter au projet collectif, pour faire jaillir aussi de nouvelles idées et de nouveaux mots qui vont réorienter le projet en l'amélorant. On peut aussi faire jouer des scènes aux élèves, pour "tester" la justesse et la précision d'un dialogue, par exemple.
Ces temps de mise en commun sont
donc déterminants, qui permettent à une histoire unique
de naître et de se développer. Elles peuvent être délicates à mettre en œuvre car elles demandent parfois aux enfants un renoncement
à des idées personnelles ou à des textes déjà
produits. Aussi la règle du jeu aura-t-elle été clairement
établie. Ce qui n'empêche pas, bien au contraire, tel ou
tel élève d'écrire "pour lui" en plus du texte
collectif. Mais ces mises en commun sont le plus souvent des moments tout à fait
positifs où chacun investit, réinvestit dans le projet commun, y (re) trouve une place. De nouvelles idées jaillissent au cours de ces séances qui entretiennent une matière vivante, mouvante, garante du plaisir de l'invention et de l'écriture.
Enseignant et écrivain éviteront le plus possible d'écrire à la place des enfants. La méthode de la dictée à l'adulte, où les élèves expriment, avec plus ou moins de maladresse, un propos que l'on retranscrit en le corrigeant voire en le reformulant, peut se pratiquer à condition de ne pas perdre de vue que l'objectif est de confronter les enfants à l'écriture. Le texte doit bien être au final celui des enfants.
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